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de Anton Tchekhov

adaptation et mise en scène:
Yvan Garouel
assisté de Patricia Mesplié
Lumière Anne Coutureau

au Théâtre du Nord-Ouest
à partir du 6 avril
Infos pratiques

la critique de
froggydelight
Marie Ordinis







avec :

Antoine Carillon (Matveï Chabelski), Renaud Castel (Kossykh), Hervé Colombel (Troisième invité), Lucien Czarnecki (Premier invité), Michel Dietz (Pavel Kirillitch Lébédiev), Yvan Garouel (Nikolaï Alexéievitch Ivanov), Pascal Guignard (Evgueni Constantinovitch Lvov), Laurence Le Dantec (Marfa Iégorovna Babakina), Christine Melcer (Zinaïda Savichna), Patricia Mesplié (Iegorouchka), Isabelle Montoya (Sacha), Syla de Rawski (Avdotia Nazarovna), Jean Tom (Mikaïl Mikhaïlovitch Borkine), Catherine Van Hecke (Seconde invitée), Sara Viot (Anna Petrovna), Gérard Zimmer (Gavrila)

 

  Ivanov s'est tellement donné qu'à quarante-cinq ans, c'est un homme fini. Un nouvel amour pourra-t-il lui rendre son énergie ? Empêtré au sein d'une bourgeoisie qui se désagrège, Dom Juan de pacotille, s'éloignant d'un foyer en déshérence, il se lance dans une fuite en avant éperdue.


 


Régulièrement, au cours de l'histoire, et de l'histoire du théâtre, par période, lorsqu'une civilisation se sclérosait, et que le théâtre ambiant, à son image, se momifiait à son tour dans des formes artificielles, détachées de toute recherche sur son contenu, on est revenu à un théâtre plus vivant, se débarrassant de ses oripeaux, se préoccupant de son vecteur principal, l'acteur, et par-là même, l'homme, dans sa globalité, sans fioritures ni complaisance. Un théâtre qui voulait montrer l'Homme à l'homme, certes, mais par les moyens de l'homme, dans sa complexité dramaturgique, psychologique, et par sa simplicité d'expression. Où l'émotion soutenait l'intelligence. Ce fut le cas avec Goldoni, qui rejeta la Comedia del'Arte, avec Molière, puis du Diderot des premiers temps, enfin de Stanislavski ou bien encore d'Antoine ou de Brook. À l'heure où l'on nous prédit un changement de civilisation, pratiquer ce théâtre-là, du théâtre "vivant", en opposition au théâtre formel, au théâtre d'enveloppe, au théâtre linéaire, au théâtre indicatif, signalétique, au théâtre extérieur, au théâtre vide, au théâtre fait, pratiquer ce théâtre-là, prendre le contre-pied du théâtre officiel, du théâtre d'État, devient salutaire, missionnaire et visionnaire.

Yvan Garouel

 

"… J'ai assisté à une reprise d'Ivanov, au Théâtre d'Art de Moscou. À la fin du quatrième acte, Ivanov dit : "Assez de bavardage, le jeune Ivanov s'est réveillé en moi, je sais ce que je dois faire." Et en disant ces mots, il se tire une balle dans le cœur. Ce soir-là il s'est passé quelque chose d'inexplicable, après le coup de feu, le rideau ne s'est pas baissé. Toute la salle était debout ; les femmes, les hommes pleuraient. Tout le monde était comme hypnotisé, tout le monde était sûr que l'acteur qui jouait Ivanov s'était tué vraiment. Ce n'était pas une panique, mais une immense douleur qui s'était emparée du public tout entier. Quelques minutes plus tard on a baissé le rideau du Théâtre d'Art avec ses deux mouettes brochées et Stanislavski est venu devant le rideau nous dire que Katchalov (c'était l'acteur qui jouait Ivanov) était vivant et qu'il ne fallait pas pleurer… "La Révolution est venue quelques années plus tard."


Georges Pitoëff

 

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