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texte et mise en scène
Carlotta Clerici

La Mission a été créée au Théâtre du Nord-Ouest le 24 janvier 2002. Le spectacle a été repris la saison suivante au Théâtre du Nord-Ouest et, en janvier-février 2004, à l'Aktéon Théâtre.

lumière: Frédéric Duplessier
costumes: Catherine Lainard

avec:
Eric Aubrahn (Hervé), Anne Coutureau (Claire), Benoît Dugas (Pascal), Bruno Henry ou Marc Diabira ou Dabid Gabourg (Valère), Taïdir Ouazine (Stéphanie), Tom Ouedraogo ou Bounsy Luangphinith (Isidore), François Raison (Flavian), Florence Tosi (Lydie)



Claire, Hervé et Lydie, unis par des idéaux éthiques et artistiques très forts, partagent ensemble la direction de leur propre théâtre. Le spectacle que Claire monte, “la Mission”, sera en quelque sorte leur “manifeste”.
Mais un grave problème de droits vient entraver cette création: l’agent de l’auteur impose de couper la scène qui véhicule le message spirituel de la pièce…
Dès lors, le choix est clair: jouer sans cette scène fondamentale ou jouer sans les droits et mettre en péril le théâtre ?
Alors que les trois amis s'affrontent sur ce terrain, les comédiens, ignorant la situation, continuent les répétitions: difficultés et bonheurs, rires et conflits, trac et confiance, côtoient la création des lumières, l’essayage des costumes et le montage du décor…
Mais la crise est inévitable; face au danger, les sentiments les plus profonds des personnages sont mis à nu et leurs relations basculent définitivement. Cette épreuve révélera la nature profonde des liens qui les unissent à leur art.
Faut-il accepter les compromis ? Faut-il mener à bien sa mission quitte à "déclencher le chaos" ? Comment concilier la recherche d'un idéal et la réalité ?


Pour lire un extrait rendez-vous sur cette page

Il n'y a qu'un seul élément que le cinéma et la télévision ne peuvent voler au théâtre: la proximité de l'organisme vivant.
Jerzy Grotowski
Cette pièce est un questionnement en acte sur l'idée de "mission" dans la vie de l'homme. Elle ne donne pas de solutions, elle montre une situation qui oblige les personnages à se confronter à cette interrogation. Quelques-uns y donneront leurs réponses, d’autres non, aucun n’a la réponse. Mon souhait est que chaque spectateur se retrouve à son tour impliqué dans le questionnement…
En tant qu’art vivant, sans jamais rien dire de définitif, le théâtre peut proposer une expérience de connaissance unique. Sans aucun didactisme. En faisant vivre sur scène des êtres humains faits de chair et de sang. En montrant l’homme à l’homme, dans sa complexité et son universalité, dans son mystère. En créant sur scène un univers inconnu et, pourtant, le plus proche possible de celui du spectateur. C’est là que ses yeux, s’ouvrant sur la réalité des personnages, s’ouvriront également sur la sienne. C’est ce qui nous touche qui stimule notre réflexion, et notre esprit se nourrit de vie.
Ma recherche vise à écarter le plus possible les conventions théâtrales, afin de réduire - voire d'abolir toute distance entre la scène et la salle. Mon but est que le spectateur soit confronté de manière directe à cet autre soi-même qui vit, qui jouit, qui souffre à quelques centimètres de lui, qu'il se retrouve enveloppé par la situation qui se matérialise sous ses yeux, sous ses sens. Qu'il n'assiste pas simplement à une représentation, mais qu'il se retrouve à être le témoin d'un événement réel.

Alexandre Wong, "Cassandre", n°47, mai-juin 2002 - Le Principe d'économie


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