
Claire,
Hervé et Lydie, unis par des idéaux éthiques
et artistiques très forts, partagent ensemble la direction
de leur propre théâtre. Le spectacle que Claire
monte, la Mission, sera en quelque sorte leur manifeste.
Mais un grave problème de droits vient entraver cette
création: lagent de lauteur impose de couper
la scène qui véhicule le message spirituel de
la pièce
Dès lors, le choix est clair: jouer sans cette scène
fondamentale ou jouer sans les droits et mettre en péril
le théâtre ?
Alors que les trois amis s'affrontent sur ce terrain, les comédiens,
ignorant la situation, continuent les répétitions:
difficultés et bonheurs, rires et conflits, trac et confiance,
côtoient la création des lumières, lessayage
des costumes et le montage du décor
Mais la crise est inévitable; face au danger, les sentiments
les plus profonds des personnages sont mis à nu et leurs
relations basculent définitivement. Cette épreuve
révélera la nature profonde des liens qui les
unissent à leur art.
Faut-il accepter les compromis ? Faut-il mener à bien
sa mission quitte à "déclencher le chaos"
? Comment concilier la recherche d'un idéal et la réalité
?

Pour lire un extrait rendez-vous sur cette
page

Il
n'y a qu'un seul élément que le cinéma
et la télévision ne peuvent voler au théâtre:
la proximité de l'organisme vivant.
Jerzy Grotowski
Cette pièce est un questionnement en acte sur l'idée
de "mission" dans la vie de l'homme. Elle ne donne
pas de solutions, elle montre une situation qui oblige les personnages
à se confronter à cette interrogation. Quelques-uns
y donneront leurs réponses, dautres non, aucun
na la réponse. Mon souhait est que chaque spectateur
se retrouve à son tour impliqué dans le questionnement
En tant quart vivant, sans jamais rien dire de définitif,
le théâtre peut proposer une expérience
de connaissance unique. Sans aucun didactisme. En faisant vivre
sur scène des êtres humains faits de chair et de
sang. En montrant lhomme à lhomme, dans sa
complexité et son universalité, dans son mystère.
En créant sur scène un univers inconnu et, pourtant,
le plus proche possible de celui du spectateur. Cest là
que ses yeux, souvrant sur la réalité des
personnages, souvriront également sur la sienne.
Cest ce qui nous touche qui stimule notre réflexion,
et notre esprit se nourrit de vie.
Ma recherche vise à écarter le plus possible les
conventions théâtrales, afin de réduire
- voire d'abolir toute distance entre la scène et la
salle. Mon but est que le spectateur soit confronté de
manière directe à cet autre soi-même qui
vit, qui jouit, qui souffre à quelques centimètres
de lui, qu'il se retrouve enveloppé par la situation
qui se matérialise sous ses yeux, sous ses sens. Qu'il
n'assiste pas simplement à une représentation,
mais qu'il se retrouve à être le témoin
d'un événement réel.

Alexandre
Wong, "Cassandre", n°47, mai-juin 2002 - Le
Principe d'économie