
Jean-Luc
Jeener Figaroscope
Gilles Costaz Politis
Marie-Céline Nivière
Pariscope
Christine Monin La Vie
Bernard Moncel Paru Vendu
theatreonline, Emilie Hakimian
les trois coups,
Marie Ordinis
Theatretoiles,
Scymone Alexandre
Froggydelight,
Martine Piazzon
Une
maison au bord de la mer. Knut et Kerstin y passent lété,
entretenus par les parents aisés du jeune homme. Axel,
un ami de Knut, rejoint le couple. Knut laime beaucoup.
Kerstin aussi laime beaucoup, dailleurs. « Elle
est folle de lui », à en croire son mari, qui la
taquine : « Si je ne savais pas que tu nes pas infidèle,
à partir daujourdhui je me méfierais».
Mais plaisanter avec les sentiments, cest jouer avec le
feu... De boutade en mot desprit, de sous-entendu en double
sens, la passion sattise et brûle, vivifiante et dévastatrice.

La
face cachée de lhomme
Ce qui me fascine dans « Jouer avec le Feu », cest
le poids de linconscient humain. Lintrigue semble
illustrer un théorème : nous croyons maîtriser
nos sentiments et nos gestes, et bien non ! Quelque chose agit
en nous, malgré nous, qui nous entraîne et nous révèle.
La raison ne peut jamais grande chose face aux passions. Les personnages
de Jouer avec le feu sont dune complexité vertigineuse,
déchirés entre leur volonté consciente et
leur instinct caché, toujours agissant sous limpulsion
de quelque chose qui leur échappe.
La quête de sens
Je conçois la mise en scène comme une quête
inépuisable de sens, une exploration passionnante de lêtre
humain. Pour Jouer avec le Feu, encore plus que pour dautres
pièces, jai envie de me lancer dans cette recherche
sans trop raisonner sur les « pourquoi », afin de
laisser surgir chez les comédiens les réponses de
linstinct . Le but, cest darriver à recréer
sur scène cette même surprise des forces inconscientes
qui bouleverse les personnages, de voir la vague de passion qui
les entraîne sabattre sur le plateau avec la même
violence.
Quelques pistes
Mon interprétation dune pièce nest jamais
une vision arrêtée, un carcan rigide, mais plutôt
la direction que jimprime à une recherche que je
souhaite toujours pousser le plus loin possible, en collaboration
étroite avec les comédiens. Voici, en vrac, quelques
pistes à explorer : la recherche de la passion comme soif
dabsolu et didéal, loisiveté,
la sensualité, lhumour.
Le lieu
« Une véranda, aménagée en salon. Portes
sur le jardin et sur les côtés. Une station balnéaire,
de nos jours ».
Dans le cadre de lAbbaye de Mortain, jai choisi de
monter le spectacle en plein air, dans le petit jardin dune
maison, au bord dune rivière. Ceci me permet de réaliser
un rêve : faire coïncider la réalité
de limaginaire avec la réalité du lieu, afin
dintégrer les spectateurs en tant que témoins
de la vie quotidienne dans le lieu de représentation .
Pourquoi
une nouvelle adaptation ?
Deux points caractérisent mon adaptation : le travail sur
la langue, et labsence du personnage de la mère.
Jouer avec le feu est une pièce dune modernité
étonnante. Rien mis à part de rares détails
anecdotiques ne nous dit que cette histoire se passe à
la fin du XIX siècle. Jai donc senti lexigence
dun langage contemporain, mimétique du parlé,
tout en respectant la précision dune langue littérairement
élaborée.
Quant au personnage de la mère, il ma semblé
dans ma lecture de la pièce ne rien apporter
dessentiel, et ôter de la force à la figure
écrasante et ambiguë dun père détenteur
du pouvoir.

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Jean-Luc
Jeener Figaroscope
Une vraie réussite que ce spectacle qui émeut autant
quil divertit. (...) Carlotta Clerici travaille dans labsolue
vérité des situations et des personnages. Sa mise
en scène est un régal de subtilité. Elle
ose prendre les temps, laisser vivre ce qui doit être vécu.
Et les comédiens, dirigés au cordeau, la suivent
dans une absolue confiance.
Gilles Costaz Politis
Une actualisation dune grande finesse de la pièce
de Strindberg. (...) On est chez Strindberg, mais on est aussi
chez Rohmer et chez Desplechin. Cette actualisation est operée
avec une grande finesse. Tout est dans la nuance, lattente,
larrière-plan. (...) Strindberg croyait, au moment
de Jouer avec le feu, quil faisait du théâtre
naturaliste. Le spectacle de Carlotta Clerici prouve bien que
ce type de notion na de sens que comme affirmation dun
style nouveau. On nest pas dans la peinture sociale, mais
dans la vie cachée de lêtre humain, dans le
cheminement obscur de lâme.
Marie-Céline Nivière Pariscope
La promiscuité de la scène est un parfait écrin
pour un jeu tout en retenu, où la passion est palpable,
les colères sont contenues.
Christine Monin La Vie
La mise en scène de Carlotta Clerici accentue cette tension
et nous fait délicieusement frissonner.
Bernard Moncel Paru Vendu
Tout séduit dans cette comédie. (...) Les comédiens
sont excellents et donnent un relief et un éclat extraordinaire
à lintrigue.

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