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de Georges Feydeau

adaptation et mise en scène:
Mitch Hooper

Au Théâtre Mouffetard
du 16 novembre 2005 au 7 janvier 2006

production Compagnie Anthéa Sogno, en accord avec Théâtre Vivant
avec le soutien du Conseil Général des Hauts-de-Seine

Infos pratiques








avec :

Chanal François Raison
Francine Anthéa Sogno
Hubertin Michel Papineschi
Coustouillu Sacha Petronijevic
Hallidet Anatole de Bodinat
Sophie Gael Rebel
Belgence Jean Tom
Planteloup Hervé Masquelier
Lapige Philippe Simon


LA PIECE


LA MAIN PASSE marque un tournant dans l’oeuvre de Feydeau. Tout en s’inscrivant dans la lignée des grands vaudevilles comme Le Dindon ou La Dame de chez Maxims, cette pièce se distingue par la présence d’un quatrième acte et par une place plus grande donnée à la comédie de moeurs, à l’observation psychologique et aux éléments humains plutôt qu’aux artifices de la dramaturgie. Précurseur des comédies courtes et cinglantes de la fin de la vie de l’auteur, La Main Passe est sans doute la pièce où il se rapproche le plus de son contemporain Tchekhov, à la fois dans la forme - cette forme un peu hybride en quatre actes - et dans le fond - ce regard impitoyable mais amusé sur les faiblesses humaines.
La pièce a tout juste cent ans. Mais elle est toujours vivante. Nous allons la sortir du musée, la dépoussiérer juste ce qu’il faut pour qu’elle nous parle directement, sans distractions inutiles. Le texte original est très long. Nous allons proposer une version ramassée, discrètement modernisée, concentrée sur l’action et sur le thème du couple.

LA MISE EN SCENE


J’ai l’habitude de demander un investissement total de la part de mes acteurs et ils ont l’habitude de s’y donner à coeur joie. Nous allons cerner les intentions profondes, traquer les intonations justes, travailler inlassablement en répétition jusqu’à ce que le jeu paraisse naturel, jamais forcé, facile. On ne veut pas attirer l’attention sur notre travail, ce serait plutôt vulgaire. Ca devrait avoir l’air facile. La mise en scène se veut invisible.

POURQUOI FEYDEAU ?

Le public veut rire. Feydeau est passé maître dans l’art de construire des intrigues abracadabrantes à partir d’un grain de sable tout à fait crédible, tout en restant d’une justesse absolue dans l’observation de ses personnages. Quand Bergson définit le rire comme « du mécanique plaqué sur du vivant », on pourrait croire qu’il pensait spécifiquement à Feydeau. C’est le vivant qui nous intéresse. Car ces personnages ne sont pas des marionnettes, ni l’illustration d’une théorie quelconque (à moins que ce ne soit la loi de Murphy: « Tout ce qui peut aller de travers ira de travers. »). Ce sont des êtres humains. C’est nous. En riant d’eux, nous rions de nous-mêmes. C’est sain, et ça fait du bien.

POURQUOI LA MAIN PASSE ?

Parce que ça parle de la quête de l’amour, plus ou moins heureuse selon les cas, et cette quête-là est la nôtre. Enlevez la distraction un peu folklorique de la Belle Epoque, avec ses moustaches, ses chapeaux et ses domestiques en livrée, et vous avez une pièce d’une modernité étonnante, qui nous parle directement de nous, de nos petites lâchetés et de nos petites audaces, et de notre incapacité congénitale de nous mettre à la place de l’autre et de comprendre son point de vue.

POURQUOI MAINTENANT ?

Notre monde moderne est envahi par le désespoir et le vide. Il serait tout à fait possible, et même dans l’air du temps, de monter cette pièce de façon cynique. Les personnages sont tous bourrés de défauts, on pourrait jeter sur eux un regard froid et supérieur, insister sur leur stupidité et leur égoïsme. Je préfère à cela un regard lucide mais tendre. J’aime ces personnages. Ils sont aussi bêtes que moi. Et je voudrais laisser une porte ouverte à l’espoir. C’est bien d’amour qu’il s’agit. Et il est encore permis d’espérer le trouver. Francine est une femme moderne. Elle ose être exigeante. Pour moi, même dans son égoïsme et sa mauvaise foi, cette femme est admirable.

 

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