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«comédie en 1 acte» de
August Strindberg

texte français
Mattias Nilsson

adaptation et mise en scène
Carlotta Clerici

création à l'Aktéon Thèâtre, le 24 mai 2006
reprises:
Festival de l'Abbaye Blanche, Mortain, août 2006
Théâtre Essaïon, septembre - octobre 2006
Théâtre Rober Barat d'Herblay (Festival du Val d'Oise) - novembre 2007

Avec: Laurent Benoit (Le Père) Anatole de Bodinat (Axel) Nathalie Bienaimé (Kerstin) Pascal Guignard (Knut) Marine Mandrila (Adèle)


photos Nicolas Fourmont

Jean-Luc Jeener • Figaroscope
Gilles Costaz • Politis
Marie-Emmanuelle Galfré • Le Parisien
Marie-Céline Nivière • Pariscope
Christine Monin • La Vie
Bernard Moncel • Paru Vendu

Froggydelight, Martine Piazzon

Une maison au bord de la mer. Knut et Kerstin y passent l’été, entretenus par les parents aisés du jeune homme. Axel, un ami de Knut, rejoint le couple. Knut l’aime beaucoup. Kerstin aussi l’aime beaucoup, d’ailleurs. « Elle est folle de lui », à en croire son mari, qui la taquine : « Si je ne savais pas que tu n’es pas infidèle, à partir d’aujourd’hui je me méfierais». Mais plaisanter avec les sentiments, c’est jouer avec le feu... De boutade en mot d’esprit, de sous-entendu en double sens, la passion s’attise et brûle, vivifiante et dévastatrice.



La face cachée de l’homme
Ce qui me fascine dans « Jouer avec le Feu », c’est le poids de l’inconscient humain. L’intrigue semble illustrer un théorème : nous croyons maîtriser nos sentiments et nos gestes, et bien non ! Quelque chose agit en nous, malgré nous, qui nous entraîne et nous révèle. La raison ne peut jamais grande chose face aux passions. Les personnages de Jouer avec le feu sont d’une complexité vertigineuse, déchirés entre leur volonté consciente et leur instinct caché, toujours agissant sous l’impulsion de quelque chose qui leur échappe.

La quête de sens

Je conçois la mise en scène comme une quête inépuisable de sens, une exploration passionnante de l’être humain. Pour Jouer avec le Feu, encore plus que pour d’autres pièces, j’ai envie de me lancer dans cette recherche sans trop raisonner sur les « pourquoi », afin de laisser surgir chez les comédiens les réponses de l’instinct . Le but, c’est d’arriver à recréer sur scène cette même surprise des forces inconscientes qui bouleverse les personnages, de voir la vague de passion qui les entraîne s’abattre sur le plateau avec la même violence.

Quelques pistes

Mon interprétation d’une pièce n’est jamais une vision arrêtée, un carcan rigide, mais plutôt la direction que j’imprime à une recherche que je souhaite toujours pousser le plus loin possible, en collaboration étroite avec les comédiens. Voici, en vrac, quelques pistes à explorer : la recherche de la passion comme soif d’absolu et d’idéal, l’oisiveté, la sensualité, l’humour.

Le lieu
« Une véranda, aménagée en salon. Portes sur le jardin et sur les côtés. Une station balnéaire, de nos jours ».
Dans le cadre de l’Abbaye de Mortain, j’ai choisi de monter le spectacle en plein air, dans le petit jardin d’une maison, au bord d’une rivière. Ceci me permet de réaliser un rêve : faire coïncider la réalité de l’imaginaire avec la réalité du lieu, afin d’intégrer les spectateurs en tant que témoins de la vie quotidienne dans le lieu de représentation .

Pourquoi une nouvelle adaptation ?
Deux points caractérisent mon adaptation : le travail sur la langue, et l’absence du personnage de la mère.
Jouer avec le feu est une pièce d’une modernité étonnante. Rien – mis à part de rares détails anecdotiques – ne nous dit que cette histoire se passe à la fin du XIX siècle. J’ai donc senti l’exigence d’un langage contemporain, mimétique du parlé, tout en respectant la précision d’une langue littérairement élaborée.
Quant au personnage de la mère, il m’a semblé – dans ma lecture de la pièce – ne rien apporter d’essentiel, et ôter de la force à la figure écrasante et ambiguë d’un père détenteur du pouvoir.

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Jean-Luc Jeener • Figaroscope
Une vraie réussite que ce spectacle qui émeut autant qu’il divertit. (...) Carlotta Clerici travaille dans l’absolue vérité des situations et des personnages. Sa mise en scène est un régal de subtilité. Elle ose prendre les temps, laisser vivre ce qui doit être vécu. Et les comédiens, dirigés au cordeau, la suivent dans une absolue confiance.

Gilles Costaz • Politis
Une actualisation d’une grande finesse de la pièce de Strindberg. (...) On est chez Strindberg, mais on est aussi chez Rohmer et chez Desplechin. Cette actualisation est operée avec une grande finesse. Tout est dans la nuance, l’attente, l’arrière-plan. (...) Strindberg croyait, au moment de Jouer avec le feu, qu’il faisait du théâtre naturaliste. Le spectacle de Carlotta Clerici prouve bien que ce type de notion n’a de sens que comme affirmation d’un style nouveau. On n’est pas dans la peinture sociale, mais dans la vie cachée de l’être humain, dans le cheminement obscur de l’âme.

Marie-Emmanuelle Galfré • Le Parisien
Fascinante exploration du sentiment amoureux et des jeux de la séduction, "Jouer avec le feu " est actuellement superbement servi par les membres de la compagnie du Théâtre vivant.

Marie-Céline Nivière • Pariscope

La promiscuité de la scène est un parfait écrin pour un jeu tout en retenu, où la passion est palpable, les colères sont contenues.

Christine Monin • La Vie
La mise en scène de Carlotta Clerici accentue cette tension et nous fait délicieusement frissonner.

Bernard Moncel • Paru Vendu
Tout séduit dans cette comédie. (...) Les comédiens sont excellents et donnent un relief et un éclat extraordinaire à l’intrigue
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