|
|
|

Ça
se passe en France, nos jours.
Sofia Minoudi a dix-sept ans, elle est en classe de première
dans un lycée public; c'est une très bonne élève.
Elle est née en France et ses parents sont marocains.Un
jour, elle décide de venir en classe avec un voile islamique
sur la tête.
Les réactions sont violentes: professeurs, parents d'élèves,
camarades, chacun a une opinion; le lycée est au bord de
l'explosion.
Le proviseur, Jean-Pierre Terreneuve, un catholique convaincu,
décide de rencontrer la petite Sofia. En cherchant à
comprendre les raisons qui l'ont poussée à provoquer
un tel scandale, il espère lui éviter le renvoi.
Mais la jeune fille est aussi intelligente que déterminée;
une discussion passionnée s'engage rapidement au cours
de laquelle les convictions et la foi des personnages seront profondément
ébranlées.

"
Pourquoi la petite Sofia Minoudi porte-t elle le voile?
Qu'y a t il derrière un tel geste ?
de la provocation?
une recherche identitaire?
des convictions religieuses?
la marque d'une appartenance communautaire?
le désir d'embêter ses parents ou les adultes en général?
l'obéissance à un groupe d'islamistes?
la volonté de ne pas se laisser corrompre par le regard des
hommes?
une déclaration hostile à l'égard des "infidèles"?
le choix de transmettre un message aux musulmans de France?
l'envie de faire peur aux "français de souche"?
le suivi d'une mode?
la volonté d'ébranler l'unicité de la nation?
et quelle part dans tous ces choix attribuer à l'inconscient,
à la sincérité
?Quoiqu'il en soit, par
ce geste, Sofia déclenche des réactions fortes et
révélatrices allant du rejet irrationnel à
l'adhésion sans réserve en passant par la peur panique
et le mépris.
Pour une jeune fille de 17 ans qui regarde le monde autour d'elle
et le juge, c'est déjà une expérience passionnante.Au-delà
de la problématique individuelle des personnages, d'une manière
ou d'une autre c'est la société française dans
son ensemble qui est obligée de se positionner face à
ces questions et c'est donc à chacun de s'interroger:
La politique française en matière d'intégration
est-elle d'une clarté absolue ou n'entretient-elle pas une
forme d'ambiguïté dans laquelle s'engouffrent toutes
les insatisfactions ?
Pourquoi une partie de la population issue de l'immigration musulmane
résiste-t-elle à l'idée même d'intégration?
Y a t il des raisons spécifiques à l'Islam qui rendent
cette intégration difficile?
Sont-ce des raisons théologiques, historiques, culturelles?
En quoi ces réactions de refus sont-elles liées au
"renouveau islamique" que connaissent actuellement les
pays musulmans dans le monde?
En quoi les pays occidentaux en général et la France
en particulier sont-ils responsables de ce phénomène?Ces
questions sont aussi complexes qu'inévitables parce qu'elles
touchent à notre propre identité culturelle.
Il est essentiel de regarder le monde en face, surtout à
un moment où l'actualité nous y oblige.
Pour amorcer une prise de conscience, pour nourrir une réflexion,
le théâtre a un rôle important à tenir.
En montant le Foulard, je crois respecter plus que jamais sa fonction
de miroir du monde."
Anne Coutureau
" Ah si j'attaquais vos intérêts
directs, vous vous défendriez. Si je piquais dans votre portefeuille
ou que je brûlais votre voiture comme un bon arabe qui se
respecte, vous me feriez jeter en prison, mais j'attaque votre âme
et vous ne savez pas quoi faire."
"Si on croit à l'assimilation, c'est bien parce qu'on
pense que la France a quelque chose de mieux à offrir, non?
Vous croyez que la France a quelque chose de mieux à offrir?"
" Je ne porte pas le foulard pour m'amuser Monsieur le proviseur.
Ce qui m'amuse en revanche, ce sont toutes les réactions
que cela peut déclencher dans la société française."
" Vous ici, dans cette société, vous croyez à
l'individu, vous avez fait des individus des idoles.
Et c'est bien normal puisque vous croyez que Dieu a pris le corps
d'un homme!
Ça vous permet d'idolâtrer l'homme. Vous croyez que
tout vous appartient et à cause de cela, vous avez perdu
le sens de ce qui est sacré. "
|
|
|