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Sophie et Viviane sont des amies de longue date. Elles ont même été belles-soeurs, dans une époque apparemment heureuse, mais révolue. À présent, elles ont 40 ans, et ça ne va pas si bien que ça. Sophie s'enferme dans un militantisme écologiste radical, Viviane se livre à un consumérisme effréné... Et puis il y a un premier amour jamais oublié qui repasse par là, un mari épris d'une sans-papiers, des taxes de succession à payer et une piscine à construire... La crise financière aidant, tout dégringole : société, famille, couple... Mais, finalement, cet orage est salvateur ! Il suffit de se persuader que... c'est pas la fin du monde!

 


J'écris parce que les êtres humains me passionnent. J'essaie à travers mes pièces de comprendre un peu plus, un peu mieux, la complexité de notre âme et ses paradoxes, les relations intimes qui nous lient, les sentiments qui nous animent. Sans la prétention de donner des réponses, mais dans l'intention, plutôt, de développer un questionnement, et de le partager ensuite avec le lecteur et le public.
 
"C'est pas la fin du monde" parle de la difficulté du couple - qu'il soit construit sur le mensonge et le compromis bourgeois, ou sur un inatteignable désir d'absolu et de pureté - de liens d'amour et de passion, d'amitié et de parenté. De la manière dont la vie sociale et les évenements externes influent sur la sphère privée.
 
J'adore raconter des histoires, et je revendique une construction dramatique structurée, des intrigues solides, qui me permettent de traduire mes réflexions et mon imaginaire non seulement à travers les mots, mais aussi à travers l'action.
 
Pour les péripeties de ces quatres personnages, j'ai choisi le registre de la comédie. J'ai voulu regarder leurs tourments avec de la distance et de l'humour, pour mieux faire remarquer leur contradictions, mais aussi avec une certaine tendresse.  Il ne fallait pas que la lucidité du regard sur le réel devienne du cynisme, la critique des failles de notre société n'exclue pas un message d'espoir. Si les quatre personnages traversent des epreuves, ils témoignent aussi qu'une nouvelle vie - peut-être meilleure, et plus chargée de sens - est toujours possible.

SOPHIE: Qu'est-ce qui s'est passé ?
VIVIANE: Un cataclysme. J’ai tout perdu.
SOPHIE: Comment ça, tu as tout perdu ?
VIVIANE: J'ai du rentrer trop tard, hier soir, mon carrosse est redevenu une citrouille, et ma robe Prada un tas de chiffons.
SOPHIE: Qu’est-ce qui se passe ? Viviane ?!
VIVIANE: Éric a fait faillite, enfin, sa banque, c'est pareil, il va vendre notre appart et il va vivre à Hong Kong.
SOPHIE, après un temps: C'est tout ?
VIVIANE: Avec l'histoire de sa maîtresse qui a épousé mon frère et une fuite d'eau dans la salle de bains, oui, c'est à peu près tout, je crois.
Elles commencent à rire.
SOPHIE: Remarque, la fuite d'eau, si vous vendez l'appart... tu t'en fous. (Nouvel éclat de rire.) Moi, j'en suis à mon troisième divorce !
VIVIANE: Et bien dis-donc, on est douées, toutes les deux...
SOPHIE: Écoute, finalement, tout ça...
VIVANE: Quoi ?
SOPHIE: Rien.
VIVIANE: Dis !
SOPHIE: J'ai peur que tu me files une claque.
VIVIANE: Vas-y !
SOPHIE: Finalement, tout ça... ce n'est pas la fin du monde !


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