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texte : Vive le théâtre vivant !
Il faut absolument soutenir la Compagnie du théâtre vivant qui, au terme d\'une vraie démarche intellectuelle et d\'une réelle pensée politique, propose de réfléchir sur la place du théâtre dans la cité en replaçant l\'homme au centre de la représentation théâtrale, qu\'il soit acteur ou spectateur, dans une vision humaniste qui ne peut qu\'emporter l\'adhésion.
Il faut absolument voir Tête d\'Or de Claudel qui se joue actuellement au Théâtre du Nord-Ouest dans une mise en scène exceptionnelle d\'Yvan Garouel avec une remarquable interprétation notamment d\'Anatole de Bodinat qui incarne, au sens premier du terme, un Tête d\'Or éblouissant.

Martine Piazzon

En effet, il y a une peur de la complexité humaine, une complaisance à la vacuité, une fuite vers une signification désincarnée soutenue d'une part par l'automatisation de formules figées à la rentabilité immédiate, et d'autre part par une mode contemporaine qui camoufle l'absence de travail (travail du corps, travail du coeur, travail de l'esprit totalement imbriqués) par des discours supérieurs dévalorisants (sur le ton du mode d'emploi infâmant : on vous explique parce que vous êtes trop cons pour comprendre : le théâtre, la vie réduits à une constipation cérébrale culpabilisante).
Au mot « réalité » - que vous employez souvent, je préfère celui de « vie ». La vie est tissée d'irréels (l'utopie amoureuse par exemple) qui n'en sont pas moins concrets, puisqu'ils nous font battre le coeur. « Théâtre VIVANT », n'est-ce pas ?
Quoiqu'il en soit, merci à vous pour l'espérance que me procurât la lecture de votre enthousiasme énergique, authentique et courageux. Ma jeune expérience d'auteur se heurte souvent à la lâcheté et à la fainéantise-ou peut-être tout simplement à ma propre imperfection ! Disons plutôt que je suis inexpérimenté. Alors, me serait-il possible de bénéficier de votre expérience ? En discutant avec les auteurs par exemple. Encore merci et bonne route.

Pour revenir à "réalité", je suis toujours inquiet lorsque qu'on me parle de "théâtre réaliste". Ayant rencontré un comédien qui disait vouloir jouer du "théâtre réaliste", et ne saisissant pas ce qu'il entendait par là, je lui demandai s'il avait lu Brecht. Sa réponse fut négative. Avait-il jamais lu de théâtre ?
De plus, cette expression me tourmente en ce qu'elle questionne les rapports entre cinéma et théâtre (vaste et fertile problème). Un film réaliste, ce peut-être un reportage, un documentaire mais j'ai du mal à concevoir un "théâtre documentaire". Et puis la caméra capte le monde avec une précision que n'égale pas la représentation théâtrale pétrie d'approximations stylisées (le décor par exemple). Et encore, le cinéma n'est pas absolument réaliste de par son pouvoir de ralentir, d'accelérer, de grossir. Et il reste la question de l'intention : à chaque mouvement de caméra, nous plaquons naturellement un sens. Cette tendance de l'esprit humain à voir du sens partout est utilisé par le cinéaste qui joue du découpage orienté, partiel et partial. Le réalisateur choisit une direction, une focalisation, il opére une sélection en fonction de son projet (tout comme le metteur en scène). Percevoir la réalité, "Un dieu a ce pouvoir. Mais un homme, dis-moi, comment le suivrait-il par son étroite lyre ?"

Sébastien Raoul

Tête d'or
Le théâtre peut-il éveiller des vocations ? Eclairer les
consciences ? Transcender la chair ? Oui. J'ai eu le plaisir, la chance et
l'honneur d'assister à l'une des représentations de Tête d'Or de
Claudel, et à peine sortie du théâtre, dans l'obscurité de ma nuit, le
désir d'écrire une pièce, ma pièce, sait annoncé aussi clairement que 3
coups sonores sur les planches d'une scène. Toutes les initiatives sont
actes de contestation mais aussi de création qui, elle, donne à la
contestation tout son sens premier, toute son essence. Merci à vous, merci
d'exister et de NOUS faire exister à travers vous.

B.G.
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L'Envol
Dimanche 13 mars 2005 L’Envol : pour renaître une nouvelle fois
Et moi ? Et moi je suis pris par la beauté du spectacle.
Ce lac est mon quotidien qui me tient là où je me trouve, Yann me désespère et me renvoie à mes échecs passés, présents et futurs. Je suis aussi Mathieu, désinvolte et médiocre à la fois, je suis Anna enfin, plein de doutes et toujours dans le compromis parce qu’il faut bien vivre.
Et moi ? Et vous ? Et nous ? Et bien nous sommes tous avec nos fausses certitudes à faire ce que nous pouvons.
Si vous ne comprenez rien à ces quelques lignes, allez voir l’Envol et, c’est sans prétention que je dis cela, vous en trouverez le sens. La pièce mettra en relief une partie de votre humanité et de votre intimité. L’expérience sera parfois douloureuse mais vous ne pourrez plus vous mentir en toute conscience.
Post-scriptum à l’adresse de la troupe : Je ne sais pas remercier après une représentation. Les mots mis les uns derrière les autres sont aux mieux vides de sens, au pire maladroits. Alors prenez cela comme ma plus profonde gratitude.

Nicolas Fourmont

La Nuit est mère du jour
Mais que dire?Tout simplement formidable, un théâtre immorel, authenthique! J'ai tres peu dexpérience, je suis un jeune auteur de théâtre de 17 ans et je recherche l'essence de notre morale à travers l'Homme! Continuez ainsi et que vive ce théâtre, que vive le théâtre tout simplement!

gaetan@pontillo.wanadoo.fr


La Nuit est mère du jour
Du théâtre, du vrai, façonné et pétri par la main et l'amour d'un artisan,
attentif au moindre détail, car ce sont les petits détails ajoutés les uns
aux autres qui fabriquent la vérité de jeu des comédiens et la crédibilité
du spectateur. Ici, rien n'est gratuiit, tout a été pensé, mûrement
réfléchi, corrigé et défini, c'est à ce prix, que l'on pénètre l'inconscient
des personnages, on est happé malgré nous, subjugué, terrifié, on devine les
ressentiments exprimés dans les silences, et l'éclairage savamment diffusé,
nous aide à comporendre les "non dits". Une oeuvre forte, et formidablement
exprimée, une pièce qui laissera pendant longtemps des images réccurentes
sur les rétines, auxquelles le spectateur ne pourra se soustraire. On
découvre un théâtre qui n'est pas racoleur, ou chaque personnage aurait des
monceaux de choses à dire, mais qui sont étouffés par la violence
intérieure, par le manque d'amour exprimé, à l'encontre de chacun d'entre
eux, ils crèvent tous qu'on ne leur dise pas je t'aime, mais le temps a
passé, il est si difficile de rattraper les manques affectifs, seuls les
hurlements, la haine et la souffrance habiteront chacun d'entre eux, excepté
la mère qui n'en a plus la force.
Des comédiens fantastiques, un casting d'une grande justesse, un plaisir
dans l'horreur.

Philippe Godin

adresse : Herve.Prigent@justice.fr
texte : Je suis absolument séduit par la démarche du Théâtre Vivant. Cette recherche d'une identification à l'autre pas si autre que ça est en adéquation avec ma propre conception de l'humanisme. Je la fonde sur la certitude que les différences que l'on revendique et oppose à l'autre ne sont en quelque sorte qu'un rôle. Et c'est un rôle qui n'est pas écrit par soi, mais par les multiples contributions de notre entourage, ceci depuis notre naissance. Nous mettons une telle application à jouer ce rôle, que nous en oublions ce que nous sommes. C'est ici que l'acteur prend toute sa dimension : il désapprend le rôle de sa vie pour partir à la recherche de sa réalité profonde, en explorant ses multiples manifestations. Le théâtre devient alors pour lui une voie, une discipline quasi spirituelle, en tout cas ésotérique, car ayant pour fin l'émergence de cette réalité intérieure qui pourrait être que l'autre est moi.

En tout cas, merci d'avoir donné cette dimension à ma nouvelle activité qu'est le théâtre.

Hervé Prigent

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