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Mise en scène : Mitch Hooper

Avec : Yvan Garouel, Patrick Palmero et Laura Zichy
Lumières: Rémi Vander Heym

Chroniques d'une année de crise a été créé en 1999 au Théâtre « La balle au bond ».
(3 x 1 personnage, 1 décor)

Trois monologues indépendants et néanmoins liés, où le spectateur a une longueur d’avance sur le narrateur. 1992-93, à Paris: un cadre au chômage, une institutrice avec des problèmes de couple et un employé des postes homosexuel racontent leur quotidien.
PHILIPPE:

Elle m'a dit on te voit jamais quand t'es pas au bureau t'es au Gymnase Club même le week-end on ne fait jamais rien ensemble tu rentres le soir les enfants dorment déjà tu ne me dis même pas bonsoir tu t'installes devant la télé tu ne me parles pas il n'y a pas de communication entre nous ce n'est pas vrai je lui avais dit bonsoir.
Je lui ai dit tu ne comprends pas que je suis soumis à une pression constante je travaille dans un des secteurs le plus touchés par la crise j'ai des responsabilités j'ai des gens qui veulent ma peau j'ai des ventes en chute libre on parle de restructuration on parle de plan de redressement on parle de dégraissage j'ai l'EDF à payer j'ai le téléphone j'ai le parking j'ai les charges on n'a pas fini de payer la maison qui c'est qui assure tout ça couillon c'est toi peut-être en plus je me suis tapé trois kilomètres de bouchon sur le périph alors qu'est-ce que tu veux quand je rentre enfin chez moi j'ai besoin de me détendre.

CHRISTINE:
Ça fait quand même un an que j'essaie toujours rien c'est pas normal ça commence à me fatiguer cette histoire ça va un moment mais ça devient démoralisant à la longue lui il est toujours prêt mais moi je commence à en avoir un peu marre franchement je n'en ai plus envie je ne vais pas me forcer.
J'ai vu un médecin j'ai fait des tests ça ne vient pas de moi ça doit être lui ça doit être ses petits soldats qui ne font pas bien leur boulot pourtant c'est pas faute de livrer bataille il doit avoir un taux en dessous de la normale seulement je ne peux pas lui en parler non seulement il risque d'être blessé dans sa fierté d'homme mais en plus il faudrait lui dire que j'ai arrêté la pillule.
JEAN-FRANÇOIS:
On a dit au revoir à Catherine il n'est pas démonstratif comme avant mais je pense qu'il était vraiment content j'ai dit à Catherine tout le bien que je pensais d'elle elle avait les larmes aux yeux j'ai dit les médicaments c'est une chose mais c'est surtout vous qui l'avez sauvé elle a éclaté en sanglots c'est la deuxième fois qu'elle fait ça elle m'a dit je n'en peux plus moralement c'est trop dur j'arrête j'étais un peu surpris.
Après elle était gênée moi aussi j'étais gêné Gérald était gêné tout le monde était gêné on ne savait pas quoi dire on n'a rien dit on est parti comme ça sans rien dire c'était un peu moche mais qu'est-ce qu'on dit dans ces cas-là moi j'ai rien trouvé Gérald s'est retourné sur le pas de la porte il a dit ne partez pas trop vite je vais sûrement être de retour dans une semaine ou deux c'était de l'humour je pensais qu'elle allait encore éclater en sanglots mais non elle a ri d'une façon un peu bizarre elle n'a peut-être pas bien entendu.

A PROPOS DE CHRONIQUES D'UNE ANNÉE DE CRISE

"Well, un auteur!"
Le Figaro Magazine

"A ne manquer sous aucun prétexte."
Figaroscope

"Chacun des comédiens évolue avec une justesse étonnante."
le Parisien

"De superbes comédiens pour la défense d'un auteur anglo-saxon qui écrit en français. Une révélation."
Figaroscope

"Une sorte d'humour jaune qui vire au noir souligne les gestes quotidiens d'une existence banale, dont la banalité finit par toucher au sublime."
Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné

"La crise déclinée sous toutes ses formes... une trilogie de destins en chute libre. Yvan Garouel se glisse avec agilité dans la peau d'un cadre dépassé. Laura Zichy monte sur ses talons hauts avec une institutrice pas très catholique, tandis que Patrick Palmero voit sa vie en rose touchée par le sida."
le Parisien

"Mitchell Hooper, loin de tout un théâtre contemporain qui ne se préoccupe plus guère de l'homme, nous fait pénétrer dans la psychologie de ses personnages avec une diabolique habileté."
Figaro Magazine

"J'ai pu voir "Un Homme Dépassé" qui est remarquable. Jeune cadre ambitieux, le héros de Hooper essaye jour après jour d'être à la hauteur de l'idée qu'il se fait de lui-même. C'est pathétique, méchant, drôle, subtil et d'une constante justesse psychologique. Dans ce rôle en or, Yvan Garouel est magnifique de précision et d'intelligence."
Jean-Luc Jeener

"Patrick Palmero a un jeu nuancé, délicat, agrémenté par un talent de mime. Il porte tout le malheur du monde sur ses épaules, avec une sorte de sourire inconscient qui suscite la compassion. En ces temps où les thèmes de l'homosexualité et du sida envahissent parfois la communication jusqu'à l'overdose, il faut saluer ce bonheur d'écriture et d'interprétation qui émeut même ceux qui sont aux antipodes du personnage. A la fin du monologue, quand il prononce cette affirmation optimiste - qu'on peut aussi bien prendre pour une antiphrase "La vie est belle!", le public est proche des larmes."
Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné

"Patrick Palmero est d'une puissance émotive incroyable... il est d'une sensibilité de jeu, d'une précision et d'une justesse rares."
Jean-Luc Jeener

Ces Chroniques d'une année de crise nous révèlent un auteur de grand talent. Anglo-Saxon vivant à Paris, Mitchell Hooper écrit en français, ce qui, dans l'état d'abandon où est notre langue aujourd'hui, n'est déjà pas rien. Plus surprenant encore: il a des choses à dire et les dit bien. Sa connaissance du théâtre lui permet, en plus, de subtilement diriger ses acteurs... Bref, le spectacle qu'il nous propose sur la péniche-théâtre de la Balle au bond est un petit événement."
Figaro Magazine

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