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MARIE: |
Je ne suis pas ta chienne.
Pause
Quand j'étais petite j'allais regarder la mer les jours de
grand vent. Je regardais venir vers moi la plus grande vague, blanche
de colère, déchaînée, et je me disais
c'est un cheval fou, à la tête d'une horde de chevaux
sauvages, il est furieux, il arrive, il va tout piétiner,
il va tout détruire, plus personne ne pourra le maîtriser,
il va tout écraser, il ne restera plus rien, tout disparaîtra
sous ce cheval d'eau, c'est le déluge, c'est la colère
de Dieu. Et je restais là à regarder, le vent sifflait
dans mes oreilles, l'eau me fouettait le visage, mon coeur battait
si fort, je sentais que j'allais exploser, que j'allais m'envoler,
je ne pouvais plus rester sur terre, j'étais trop grande,
mon corps ne pouvait plus me contenir, j'étais un cheval
fou, j'étais l'eau, j'étais l'air, j'étais
la tempête. Et je le suis encore... Alors, tu vois, je ne
suis pas ta chienne. |