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On peut faire du théâtre pour deux raisons : pour aider les gens à réfléchir sur la condition humaine ou pour les aider à oublier.
On peut penser que l’existence apporte un lot de souffrances tel qu’il est préférable de s’en délester un peu, le temps d’un spectacle par exemple, pour ressentir une légèreté que la vie quotidienne ne nous apporte guère. On peut aussi, à travers le théâtre, s’interroger sur le sens de la vie, sur la nature de l’homme et croire que le théâtre nous aide à être plus libre, à démêler ce qui nous angoisse, ce qui nous empêche d’avancer.
Deux directions opposées, toutes deux utiles et sans doute complémentaires.

Deux approches qui semblent se matérialiser, en France, par deux types de fonctionnement économique dont les dérives ont amené un paysage théâtral extrêmement cloisonné.
D’un côté, le théâtre privé ayant besoin de recettes comme la télévision a besoin d’audience, galvaude souvent son rôle d’amuseur en se laissant séduire par des spectacles faciles et racoleurs qui rassurent tout le monde.
De l’autre, le théâtre public qui, n’ayant pas besoin de recettes, croit n’avoir pas besoin de spectateurs et où la problématique du sens est trop souvent soumise à une recherche formelle qui la rend inaccessible.
Entre les deux, un abîme.

Où se situe le Théâtre vivant ?
Très exactement au fond de cet abîme.
Pour des raisons esthétiques, philosophiques et économiques, nous ne pouvons pas entrer dans ces cases.
Dans une compréhension simpliste des choses, qui est le propre de notre monde moderne, nous ne sommes pas identifiés, autant dire que nous n’existons pas.

C’est la raison pour laquelle, en janvier 2002, nous avons créé la compagnie Théâtre vivant et entrepris de rédiger un manifeste qui revendique notre philosophie et notre pratique.
Dans cette perspective, nous appelons les spectateurs et gens de théâtre sensibilisés par notre démarche à venir nous rencontrer et nous soutenir.
Nous sommes quatre metteurs en scène (dont deux sont aussi auteurs et les deux autres, acteurs) à partager une vision. Nous avons en commun non seulement une passion mais une foi ; une foi dans le théâtre et, plus simplement, dans l’homme.


Qu'est-ce que vous en pensez ?


 
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